90 Hectares, Une Dizaine De Variétés - Finca Hartmann

By Greg Lanctot

Pour rejoindre la Finca Hartmann, il faut compter 2 heures de Boquete.

2 heures remplies de magnifiques paysages, de vallons, de courbes spectaculaires, où l’on finit par se demander comment ils ont bien pu faire pour paver le tout!

Fait à noter, il faut savoir partager la route, comme au Québec. La partager avec les vélos bien sûr, mais également avec les piétons/coureurs, les chevaux, ânes, chiens, reptiles... et les vaches. Vous demanderez à celle stationnée au milieu de la route, nous bloquant le passage. Là-bas, c’est eux les locaux. Nous, on s’adapte et ok reste polis!

Bref, après ces deux sinueuses heures, on bifurque à droite sur un chemin qui n’est pas exactement fait pour notre petite voiture de location. Au bout de ce kilomètre de turbulences: un charmant jardin, les installations d’une ferme, deux maisons familiales...

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La Finca Hartmann. La ferme appartient à la famille depuis 1948.

Maintenant dirigée par les 4 frères (Ratibor, Allan, Alex, Kelly) et une soeur, qui occupent chacun un rôle différent dans l’entreprise, les Hartmann comptent sur une centaine d’employés, et davantage en haute saison.

On passera la majeure partie de la journée avec Ratibor (sa femme Tessi) et Elke, l’épouse d’Allan.

Première étape: déguster leur délicieuse nouvelle récolte de maragogype, cette variété de café que l’on reconnait à la grosseur exceptionnelle de ses grains. S’ensuivra un diner préparer par la maman de la famille. Marmelade d’ananas faite à la main, pain frit panaméen, fromage fait maison... Un repas mémorable avant de commencer la visite des plantations.

90 hectares, une dizaine de variétés; caturra/catuai, maragogype, pacamara, et bien évidemment, geisha. Au beau milieu de la ferme, sous des arbres matures, on croise un tout nouveau lot de bébés plants.

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“Nous venons de planter une toute nouvelle variété, du “wild Ethiopian”. L’altitude ici est parfaite, et l’ombre que les arbres procure nous donnera de l’excellent café d’ici quelques années!” nous précise Ratibor.

Puis, vient la visite des différents micro-lots de geisha. Les arbres seront prêts pour la récolte d’ici les deux prochaines semaines.

L’année 2018 en est une de creux de vague au Panama. Cette année, les fermiers récolteront environ de 40 à 50% de ce qu’ils auront eu droit l’an dernier. Une coupe directe des revenus.. D’où l’importance de grandir son territoire.

Enfin, on nous emmène tout en haut de la montagne, où Ratibor et Allan ont démarré une petite ferme que pour eux; Guarumo Coffee.

“Le versant de la montagne nous permet d’avoir un plein soleil le matin, et le climat, avec le vent qui vient de l’océan jusqu’au volcan vont faire de ce café du “loco coffee”! On vient d’acheter 40 hectares à notre voisin et nous allons planter sous peu.”

 

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Et là, juste là, j’ai compris toute l’importance de nos valeurs et façons de faire. On parle ici à un partenaire d’affaires, qui est en mesure de réinvestir dans sa production même dans une année maigre, pour augmenter la qualité de son produit, et faire que nous sommes en mesure de boire du meilleur café, chaque matin.

Cela serait impossible sans des pratiques de commerce direct, où l’on coupe les différents intermédiaires pour redonner le plus possible à ces familles.

D’ailleurs, Elke, qui me conduit partout sur la ferme, m’apprend qu’elle est à l’emploi officiellement de la ferme à temps plein depuis tout juste un an. Elle devait travailler pour un regroupement de fermiers du Panama avant cela.

Magique nouvelle. À la fin de la visite, on nous pose la question qui scellera cette journée fabuleuse: “Vous allez bien rester pour souper avec nous maintenant?” Volontiers, les amis. Bien content de démarrer cette aventure avec vous.

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